Samis de Suède : comprendre une culture autochtone vivante
Les Samis de Suède appartiennent au peuple autochtone du Sápmi, un territoire culturel qui traverse le nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande, ainsi que la péninsule de Kola en Russie. Langues, élevage du renne, artisanat et chant joik composent un patrimoine vivant, sans résumer des identités contemporaines multiples. Un séjour en Laponie suédoise permet de mieux connaître cette culture, à condition de privilégier les voix et les entreprises samies.

Qui sont les Samis de Suède ?
Le mot Sápmi désigne le territoire traditionnel du peuple sami, dont les limites ne correspondent pas aux frontières nationales actuelles. En Suède, ce territoire s’étend des régions les plus septentrionales jusqu’au Jämtland, au Härjedalen et au nord du Dalarna, autour d’Idre. Tous les Samis ne vivent donc pas au nord du cercle polaire.
Il n’existe pas de recensement ethnique permettant d’établir un nombre incontestable de Samis en Suède. Les estimations varient selon les critères retenus, notamment la langue, la filiation et l’auto-identification. Un peuple ne se définit d’ailleurs ni par une seule activité professionnelle ni par son lieu de résidence.
Le Parlement suédois a reconnu les Samis comme peuple autochtone en 1977. Ils forment également l’une des cinq minorités nationales de Suède. Inauguré en 1993, le Parlement sami, ou Sametinget, réunit deux fonctions : il est une assemblée élue par les Samis et une autorité administrative nationale chargée notamment de promouvoir une culture samie vivante.
Une histoire marquée par la colonisation du Sápmi
Les Samis ont longtemps associé plusieurs moyens de subsistance, dont la chasse, la pêche, la cueillette, l’artisanat et différentes formes d’élevage du renne. L’expansion des États, la christianisation, puis l’exploitation minière, forestière et énergétique ont progressivement restreint l’accès à certaines terres et aux ressources naturelles.
Aux XIXe et XXe siècles, les politiques d’assimilation, le système discriminatoire des écoles nomades et la marginalisation des langues ont durablement affecté la société samie. L’Institut d’État pour la biologie raciale a aussi étudié et photographié des Samis dans le cadre de recherches aujourd’hui condamnées. Cette histoire éclaire les débats actuels sur les mines, les forêts, les éoliennes et les parcours des troupeaux.
Langues, rennes et traditions de la culture samie
Plusieurs langues samies, et non une langue unique
Les langues samies forment une branche de la famille ouralienne. Cinq sont traditionnellement présentes en Suède : le sami du Nord, le sami de Lule, le sami de Pite, le sami d’Ume et le sami du Sud. Leur transmission a été fragilisée, mais le Parlement sami, le Centre de langue samie, les écoles et les médias participent aujourd’hui à leur revitalisation.
L’élevage du renne structure encore le territoire
L’image du Sami éleveur de rennes ne représente qu’une partie de la population. En Suède, cette activité s’organise au sein de samebyar. Malgré son nom, une sameby n’est pas un village physique : il s’agit à la fois d’une association économique et administrative et d’un territoire où se pratique l’élevage. Les déplacements saisonniers dépendent des pâturages, de la neige et de la météo.
Le duodji et le joik transmettent des savoirs vivants
Le duodji désigne l’artisanat sami et les connaissances nécessaires à sa pratique. Bois, bois de renne, cuir, textile et métal servent à fabriquer des objets fonctionnels ou artistiques. Les formes, les couleurs et les vêtements traditionnels, souvent désignés par le mot gákti, peuvent exprimer une appartenance familiale ou régionale. Ils ne se réduisent pas à des costumes folkloriques.

Le joik est une pratique vocale dont les formes varient selon les régions. Un joik peut évoquer une personne, un animal ou un lieu, plutôt que raconter une histoire au sens habituel. Longtemps combattu par des autorités religieuses, il est désormais transmis et renouvelé par des artistes samis contemporains.
Où découvrir la culture samie en Suède ?
Jokkmokk constitue un point de repère majeur grâce à Ájtte, principal musée suédois consacré à la culture samie et à la nature des montagnes. Le marché d’hiver commence chaque année le premier jeudi de février. Il rassemble artisanat, rencontres et manifestations culturelles. Réservez tôt votre transport et votre hébergement, car la fréquentation est forte.
| Lieu | Ce que vous pouvez découvrir | Période conseillée |
|---|---|---|
| Jokkmokk | Musée Ájtte, artisans et marché d’hiver | Premier jeudi de février ou été |
| Kiruna | Entreprises samies, gastronomie et activités autour du renne | Décembre à mars, ou été |
| Abisko | Randonnées dans les paysages du Sápmi | Février à avril, ou juin à septembre |
Sur le Kungsleden comme ailleurs en montagne, vous pouvez traverser des pâturages et des voies de déplacement des troupeaux. Suivez les consignes locales, gardez votre chien sous contrôle et contournez largement les rennes. Ne bloquez jamais leur progression, même pour prendre une photographie.
Comment découvrir la culture samie avec respect ?
Choisissez de préférence une activité conçue et guidée par des Samis. Vérifiez qui présente la culture et à qui profite votre dépense. Demandez l’autorisation avant de photographier une personne, une cérémonie ou un travail d’élevage. N’entrez pas dans un enclos et ne tentez jamais d’approcher un troupeau.
- Préférez le nom Sami à l’appellation ancienne « Lapon », qui peut être considérée comme péjorative.
- Ne présentez pas tous les Samis comme nomades ou éleveurs.
- Achetez le duodji auprès d’artisans ou de vendeurs clairement identifiés.
- Respectez les restrictions temporaires et les consignes locales.
- Considérez les paysages de Suède comme des territoires habités et travaillés.
Questions fréquentes sur les Samis de Suède
Les Samis vivent-ils uniquement en Laponie suédoise ?
Non. Le territoire traditionnel sami couvre une partie du nord de l’Europe, tandis que des Samis vivent aujourd’hui dans toute la Suède, notamment dans les grandes villes. Le Sápmi demeure une référence culturelle et politique essentielle, mais le lieu de résidence ne suffit pas à définir l’identité d’une personne.
Quelle langue parlent les Samis de Suède ?
Il existe plusieurs langues samies. Cinq sont traditionnellement parlées en Suède : le sami du Nord, de Lule, de Pite, d’Ume et du Sud. Une personne samie peut parler l’une de ces langues, le suédois, plusieurs langues ou ne pas avoir reçu de langue samie au sein de sa famille.
Tous les Samis élèvent-ils des rennes ?
Non. L’élevage du renne possède une grande importance économique, culturelle et territoriale, mais il ne concerne directement qu’une partie du peuple sami. Les Samis exercent tous types de métiers. Réduire leur identité à l’élevage masque la diversité des parcours, des lieux de vie et des pratiques culturelles.
Quelle période choisir pour découvrir la culture samie ?
Le début de février correspond au marché d’hiver de Jokkmokk, tandis que certaines activités autour des rennes sont proposées en hiver. L’été facilite les visites de musées et les randonnées. Les offres peuvent changer selon la météo et les déplacements des troupeaux : vérifiez toujours le programme de l’opérateur choisi.